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E
n 2000, une enquête sur
les personnes de plus de
65 ans a été réalisée par
les membres du syndicat “Retrai-
tés C.F.D.T. du Val de Morteau”,
avec pour objectif de mettre en
avant les besoins des personnes
âgées. Parmi ces besoins, celui
du logement intéresse parti-
culièrement Jacques Billerey,
secrétaire, Renée Clerc, tréso-
rière, Xavier Faivre-Pierret et
Gabriel Duquet, membres du
bureau de la C.F.D.T.
“Nous nous
sommes rendu compte par
exemple que beaucoup de per-
sonnes âgées, souvent veuves, et
surtout de Villers-le-Lac, ven-
daient leur maison, quittaient
leur lieu de vie pour venir sur
Morteau,
constate Jacques Bille-
rey.
Plusieurs raisons sont évo-
quées : maison trop grande,
charges trop élevées, entretien,
neige, commerces trop éloignés,
isolement… Mais ce n’est pas le
fait que de personnes isolées.
C’est aussi le problème de per-
sonnes qui ne veulent plus ou ne
peuvent plus vivre seules, confi-
nées dans leur appartement.”
Les membres de la
C.F.D.T. se sont alors
mis en relation avec des
foyers logements, à
Maîche, à Valdahon, ou
avec l’unité de vie à Gilley, pour
rencontrer les responsables et
visiter les lieux. Ces visites les
ont convaincus du bien-fondé de
leur démarche.
“Nous avons ren-
contré des gens dans notre état,
en très bonne santé, qui se retrou-
vent à vivre en communauté dans
ces foyers logements,
expliquent-
ils.
Il y a une très grande liber-
té de vie, qui fait toute la dif-
férence entre ce genre d’établis-
sement et les maisons de retrai-
te. Les gens sont en location dans
des F1 ou F1 bis, ils peuvent
avoir leurs propres meubles, rece-
voir des gens, être tout à fait
autonomes. Seules quelques acti-
vités en commun sont proposées,
telles que la restauration ou des
activités culturelles dans l’éta-
blissement ou à l’extérieur. Ils
peuvent rester indépendants. Et
paradoxalement, les loyers sont
très peu chers. Ces structures
d’accueil s’adressent aux per-
sonnes seules ou en
couple.”
Les membres de la
C.F.D.T. ont rencontré
en juin dernier les élus
locaux : Annie Genevard pour
la mairie de Morteau et Jean-
Marie Binétruy pour la com-
munauté de communes.
“Ils ont
pris ça à cœur et nous ont très
bien reçus,
expliquent les
membres de la C.F.D.T.
Le dos-
sier avance. Dans l’immédiat,
ils ne pouvaient rien faire, les
budgets étant déjà bouclés mais
le budget 2005 du Pays Horlo-
ger prévoit une étude, réalisée
par un cabinet spécialisé.”
À Morteau, il existe déjà une
maison de retraite, un centre de
long séjour et l’hôpital local dont
les personnes âgées constituent
une grande partie des patients.
Il manque un dispositif d’accueil
temporaire.
“Cela pourrait sans
doute prendre la forme d’une
structure de logements adaptés,
avec des personnes autonomes
auxquelles serait proposé un cer-
tain nombre de services mutua-
lisés,
explique Annie Genevard.
Le Pays Horloger engage une
étude en 2005, afin d’analyser
l’existant et de déterminer les
besoins. À l’issue de ce diagnostic,
nous pourrons nous engager
dans un projet. J’ai déjà pensé
à un lieu et approcher quelques
partenaires, mais il faut attendre
les résultats de l’étude pour être
sûr que cela corresponde aux
attentes définies.”
Une consultation sera prochai-
nement lancée pour choisir l’or-
ganisme en charge de l’étude.
Celle-ci devrait être rendue
avant la fin 2005.
!
G.C.
Un foyer logement sur le Val de Morteau ?
En juin dernier, la C.F.D.T. des retraités du Val de Morteau présentait aux élus locaux ses préoccupations
concernant les personnes âgées et proposait la création d’un foyer logement. En 2005, une étude est lancée pour
déterminer les besoins et attentes précis de la population.
5
Personnes âgées
V A L D E M O R T E A U
Liberté
d’autonomie
et vie sociale.
Les membres du syndicat “Retraités C.F.D.T. du Val de Morteau” ont visité d’autres foyers
logements, pour juger du bien-fondé de leur démarche.
Un questionnaire est à votre disposition pour
satisfaire à vos attentes et à vos besoins.
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A r t s d e l a t a b l e - J o u e t s
était le temps des
copains, du bénévolat.
Il n’y avait pas la télé,
on n’avait pas de voiture pour
s’enfuir. Les pionniers étaient
une poignée. Ils s’appelaient
Robert Vieille, dit Tobby, Mau-
rice Gander, Marc Vuillemin,
Serge Blanchard, Georges
Michel. Il y avait aussi André
Pugin, les frères Dubois, les
frères Boillot, Guy Leibundgut,
Jean Villard, Pierrot Joly ou
Rémy Robbe. Puis plus tard,
Jean-Louis Bergeon, Gilles
Dubois, Luc Martinet, Jacques
Ryser…
Avec l’insouciance de leur jeune
âge, ils découvraient les joies du
ski, au pied du mont Vouillot.
La guerre avait mis entre paren-
thèses la fougue de ces premiers
passionnés, bridée pendant
quelques années.
“Dès le départ
des Allemands, l’équipe d’ori-
gine se ressoude et cherche un
lieu propice à la pratique du saut,
qu’ils avaient expérimenté avant
guerre sur la route des Maillots.
C’est alors qu’ils découvrent le
lieu-dit le Stand. La pente était
idéale, le lieu assez proche du
centre-ville. Tous ces bénévoles
ont commencé à déboiser”
racon-
te Rémy Robbe, alerte septua-
génaire qui n’était encore qu’un
gamin -
“un voyou de la Côte”
-
à cette époque. Il a fait les 400
coups avec les Jean Goguillot,
Claude Trimaille, Bernard Veys-
set et les trois frères Chardon.
En 1945, un premier tremplin,
en bois, est installé à cet endroit.
Les premiers sauts s’effectuent
en 1946. En 1951 est organi-
sée la première coupe Klaus, du
nom de la célèbre chocolaterie
mortuacienne.
“Maurice Gander
faisait partie de la société des
sports d’hiver de Morteau et il
était directeur de la chocolate-
rie. Il s’est alors proposé d’offrir
une coupe et moult récompenses,
boîtes de chocolats et
caramels. Bien sûr, ça
intéressait beaucoup les
gamins que nous étions
encore. Pour conserver
la coupe, il fallait la
gagner deux années de
suite.”
Le 11 février 1951, l’équi-
pe de Chaux-Neuve gagne la pre-
mière coupe Klaus, devant cel-
le de La Chaux-de-Fonds.
L’effervescence s’est vite empa-
rée de la population locale face
à cet événement sportif qui res-
te la manifestation la plus popu-
laire jamais organisée à Mor-
teau. Entre 10 000 et
12 000 spectateurs assistaient
à la compétition chaque année.
“Les sportifs venaient de toute
l’Europe. Nous avons eu les plus
grands champions à Morteau :
des Tchèques, des Suisses, des
Autrichiens, des Norvégiens…
En 1955, la société des sports
d’hiver a financé la construction
d’un tremplin en métal, avec une
piste de réception de 120 m. Le
record du tremplin
date de 1967 avec un
saut de 82,50 m réali-
sé par l’Italien Aimo-
ni, jamais égalé ni bat-
tu”
rappelle Rémy Rob-
be.
La météo a parfois joué des tours
à la compétition. Le tremplin,
classé olympique, n’a pu
accueillir la coupe Klaus en 1959,
1961, 1962 et 1964, faute de nei-
ge suffisante.
“Toutes les recettes
de la société des sports d”hiver
étaient réinvesties dans l’entre-
tien et l’amélioration du trem-
plin,
poursuit Rémy Robbe.
Chaque année, il fallait payer le
voyage et l’hébergement aux
meilleurs sauteurs européens, ça
nous coûtait très cher. Face aux
difficultés financières et à la bais-
se du bénévolat, nous avons dû
renoncer au tremplin en 1974.”
Une page se tourne cette année-
là. Le tremplin est laissé à l’aban-
don, la coupe Klaus est remisée
au rang des souvenirs, les tou-
relles de ferraille seront démon-
tées quelques années plus tard.
Du tremplin de Morteau, il ne
reste aujourd’hui plus que la
trouée au milieu des arbres, l’en-
droit où s’élançaient les sauteurs.
Comme une cicatrice qui a du
mal à se refermer, laissant jus-
te des souvenirs impérissables
à ceux qui ont connu ces années.
Au temps où tout le Val vibrait
au rythme de ce “grand concours
international de saut”, un évé-
nement qui fait partie à jamais
du patrimoine mortuacien.
!
J.F-H.
Morteau au temps glorieux de la coupe Klaus
Les anciens se remémorent avec émotion les grandes heures du trem-
plin de Morteau, un équipement qui comptait à son époque parmi les
plus performants de France. Séquence souvenir des hivers d’antan.
Histoire
Le record du
tremplin date
de 1967 avec
un saut de
82,50 m.
Originaire de Chaux-Neuve, André Monnier était champion de France de saut à ski.
Il s’élève dans le ciel de Morteau ce 21 février 1960.
La coupe Klaus mobilisait les énergies de toute la popula-
tion locale. Plus de 10 000 spectateurs
assistaient à la compétition.