Journal C'est à Dire 246 - Septembre 2018

N e lui demandez pas de retourner dans le petit local qu’il occupait à la zone com- merciale de la Tanche. Pour rien au monde il ne ferait marche arriè- re. “Ici, c’est beaucoup plus agréable à vivre. Comme on est dans une impas- se, on n’est pas gêné par la circulation. Il y a quelques places de stationnement dans la cour, c’est pratique pour les clients” , explique le cordonnier installé rue René Payot depuis le 1 er juillet. Tout aussi ravi que lui, son petit fox- terrier qui se déplace en toute liber- té entre la cour et le local. Christophe Boissenin a repris le local du déco- rateur Jean-Michel Dubois. Deux grandes pièces qu’il a lui- même retapées pour rendre l’atelier fonctionnel au niveau rangement et machines. En revanche, les murs, le pla- fond sont restés dans leur jus, donnant son côté vinta- ge à cette cordonnerie qui semble ins- tallée dans ces murs depuis des lustres. Tout est beau et propre. L’odeur du cuir embaume les lieux. Dans la piè- ce qui lui sert de bureau, quelques trouvailles de brocante récupérées dans les vide-greniers alentour : embau- choirs en bois, vieilles machines à coudre attendent le passage d’un col- lectionneur. “J’ai envie de faire un coin musée pour exposer des objets insolites comme ces chaussures de foot des années cinquante faites tout cuir y compris les crampons.” Christophe Boissenin a donc trouvé chaussures à son pied en ville. Il est loin de se sentir seul avec pour voisins une couturière, un décorateur d’intérieur et une merce- rie. “On exerce tous des métiers manuels qui peuvent s’avérer complémentaires.” Un vrai pôle de savoir-faire artisa- naux. Pourquoi d’ailleurs la cordonnerie du Tambour ? Le créateur de l’enseigne, Sébastien Tari, s’était d’abord ins- tallé place du Tambour dans une ville du sud avant de reve- nir dans le Val de Morteau. Le nom est resté et la cor- donnerie attire encore plus de clients depuis sa migra- tion dans la cité. On vient pour les chaussures mais aussi pour les clefs. Le cordonnier est en mesure de satisfaire pratiquement toutes les demandes, quitte à commander des clefs très spécifiques, voire à les fabri- quer dans la mesure de ses compé- tences. “Je suis en train d’installer un tour d’industrie qui me permettra, par exemple, de refaire des pièces métal- liques ou des clefs assez simples de pla- card… J’ai élargi la prestation aux clefs codées comme celles de voiture. Autre nouveauté, je fais de la gravu- re pour des plaques personnalisées.” Avec 28 ans d’expérience dans l’in- dustrie horlogère à utiliser toute sor- te de machines-outils, le cordonnier s’exécute rapidement. Quelques minutes lui suffisent pour fabriquer plusieurs jeux de clefs à double ou triple exemplaire. Efficace et pas cher. À se demander pourquoi et comment il en est arrivé là. Originaire du Val de Morteau où il a passé la plus grande partie de son exis- tence, Christophe Boissenin, 54 ans, a suivi des études agricoles à Dan- nemarie-sur-Crète. Sans trop savoir pourquoi. Il débute dans la vie acti- ve comme décolleteur en Suisse où il poursuivra une bonne partie de sa car- rière professionnelle. Arrive le cap de la cinquantaine, les trois enfants qui volent de leurs propres ailes, la las- situde des voyages. Bref, le temps de la remise en cause arrive. Le déclic se produit en allant par hasard faire réparer des chaussures à la cordonnerie du Tambour. “En dis- cutant, Sébastien Tari m’apprend qu’il cherchait à remettre son affaire. Sitôt rentré à la maison, je n’arrêtais pas d’y penser.” Après un week-end à cogi- ter sur la question, Christophe Bois- senin alors licencié de la Suisse retour- ne voir le cordonnier et lui fait part de son envie de reprendre l’affaire sous réserve qu’il le forme. Tope-là. Huit mois plus tard, la cordonnerie du Tam- bour change de propriétaire. “Il m’a tout appris sur ce métier, y compris ce que je n’aurais jamais découvert en suivant une formation.” Du pain bénit pour ce bricoleur également passion- né de mécanique. “J’ai eu ma pre- mière voiture en 1986. C’était une Sim- ca P60. Je l’ai gardé jusqu’à l’an der- nier avant de la donner à ma fille.” Chez les Boissenin, le goût des vieilles motos et autos relève parfois d’une passion héréditaire. Comme en témoigne Clarisse et Florent, deux des trois enfants du cordonnier qui ont eux aussi inoculé le virus paternel. n F.C. Cordonnier par hasard, bricoleur par passion La nouvelle échoppe de Christophe Boissenin au 7, rue René Payot ne désemplit pas. Après un long bail dans l’industrie suisse, le Mor- tuacien s’est reconverti dans la cordonnerie en y ajoutant bien d’autres services. Itinéraire d’un pur autodidacte. L E P O R T R A I T Morteau s p P d ’ d i our n r r s é ! r é sur dîner ax eux et chaleur du Mont de F t En pleine na o omt anc-c és fr des spécialit ain, pour un déj empor ont c cueille dans un ous ac uans, v ci de Fuan our cac , sur le r eur ises : euner ou un e cadr ant taur es s, le r s p r an   se ! la saison de la chas z la e ouvr ôt, déc et bient s.... y fumés du pa es , truit e tièr esor e aux morilles ou f oût MONT DE FUANS - 25390 FUA Ouvert tous les jours sauf le Le soir en semaine : uniquement pou Cr e pour cart es, NS - 03 81 43 51 29 - accès handicapé mercredi. r les groupes (sur réservation) meunièr Amoureux des véhicules anciens, Christophe Boissenin s’est reconverti dans la chaussure après avoir travaillé 28 ans en Suisse dans l’horlogerie. Pour lui, c’est une remise en cause.

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