Journal C'est à Dire 245 - Août 245

D O S S I E R E t dire qu’il y a six mois, suite aux précipitations torrentielles qui s’étaient abattues sur le secteur, le Doubs prenait toutes ses lar- gesses pour traverser le Saugeais. On se réjouissait du remplissage des nappes phréatiques qui per- mettent aujourd’hui de sécuriser l’alimentation en eau des hommes et des bêtes sur le Haut-Doubs. “Le niveau des nappes est bien plus élevé qu’il y a un an. Il doit bien y avoir trois mètres de dif- férence. Cela n’empêche pas de res- ter vigilant car la situation peut très vite se dégrader” , rappelle Gérard Rognon, vice-président du Syndicat Mixte des Milieux Aqua- tiques du Haut-Doubs (S.M.M.A.H.D.). Les pêcheurs et environnementalistes comp- taient sur l’effet chasse d’eau des crues pour décaper le lit de la rivière. Le nettoyage a semble-t-il été effi- cace, trop efficace entre Arçon et Ville-du-Pont en réactivant ou en découvrant des pertes qui ont mis pratiquement à sec le Doubs depuis la fin juillet. Rien de nou- veau dans ce phénomène connu depuis fort longtemps. “On a rare- ment observé un assec d’une telle ampleur” , explique pourtant Phi- lippe Alpy, président du S.M.M.A.H.D. venu constater l’évo- lution de la situation le 21 août dernier avec deux autres élus du syndicat, à savoir Gérard Rognon et Jacques De Gri- baldi le maire de Ville-du- Pont. Comme lors des crues de début d’année, le spectacle de la rivière assé- chée attire la foule des curieux. La faune piscicole fut la première touchée même s’il est très compliqué d’évaluer les dégâts avec précision. Les pêcheurs de la société de la Truite du Trésor et du Saugeais, les élus locaux et les services de l’État ont tenu une réunion de crise le 31 juillet dernier. Après moult discussion, décision a été prise de “profiter” de l’assec pour tenter de contenir quelques pertes bien identifiées. D’un commun accord, les pêcheurs et le S.M.M.A.H.D. ont financé la pose de trois margelles cylindriques sur les pertes les plus importantes. Une géomembrane a également été déposée sur une ancienne zone de perte située à hauteur du bois de l’Herse dont le profil avec été chamboulé suite aux dernières crues. Une pelleteuse est intervenue pour mieux dif- férencier les niveaux entre le lit de la rivière et la zone de perte. “Le montant des travaux s’élève à 6 348 euros T.T.C. Il s’agit d’équipements réversibles qui peu- vent être retirés à tout moment.” Habituellement, les pertes étaient compensées par l’augmentation du débit de la rivière provoqué en ouvrant les vannes du bar- rage du lac Saint-Point. L’essai s’est vite avéré infructueux. Les vannes ont été refermées pour préserver le niveau du lac et par là même le captage d’eau de Chaon qui permet d’alimenter les villages environnants et une par- tie de Pontarlier en période d’étia- ge. Or, ce barrage est en très mau- vais état. L’occasion d’en remettre une couche pour Philippe Alpy qui appelle l’État propriétaire de l’ouvrage à entreprendre les tra- vaux nécessaires à sa réfection. “On doit d’abord agir au niveau du lac qui constitue une réserve d’eau essentielle et vitale pour l’ali- mentation en eau potable, la bio- diversité et à un degré moindre les activités nautiques. On a besoin d’avoir un barrage dynamique.” Et Gérard Rognon d’ajouter : “La ressource en eau n’est pas seule- ment la préoccupation des pêcheurs ou des défenseurs de la biodi- versité, c’est l’affaire de tous. Elle implique une approche globale” note l’élu encore indigné des com- portements de certains habitants qui gaspillent de l’eau en pério- de de restriction. Important aussi, le lancement en septembre d’une étude hydro- morphologique sur la rivière. “Au vu des résultats, on sera peut-être amené à travailler sur le lit du Doubs qui semble trop large par endroits, ce qui augmente les risques de pertes” , souligne Phi- lippe Alpy. Parallèlement à cet- te étude, des études de coloration sur les pertes pour essayer de mieux comprendre les circula- tions d’eaux souterraines. n F.C. Et au milieu coulait le Doubs… L’assec du Doubs entre Arçon et Ville-du-Pont ne manque pas d’attirer les curieux. Un phénomène spectaculaire qui suscite bien des interrogations et conforte l’intérêt d’en- gager rapidement une étude morphologique sur le Doubs. Arçon “On doit d’abord agir au niveau du lac.” Gérard Rognon, Jacques De Gribaldi et Philippe Alpy, élus au Syndicat Mixte des Milieux Aquatiques du Haut-Doubs sont venus constater l’évolution de la situation dans le lit asséché de la rivière.

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