Journal C'est à Dire 244 - Juin 2018

2,1 secondes en l’air. C’est le temps - à la fois court et telle- ment long - mis par Robin Georges pour décoller et atter- rir 22 mètres plus bas dans le bassin du Saut du Doubs. Beau- coup diront qu’il est fou, incons- cient, tête brûlée. Lui répond que tout est préparé, calculé. Le jeune homme, plus que qui- conque, sait que l’erreur ne par- donne pas. “J’avais déjà sauté en août 2017 où j’avais pu repé- rer la zone de réception optimale qui est assez profonde, explique ce professionnel de la haute vol- tige. En mai dernier, c’était plus compliqué parce que le courant était très fort. Il fallait faire atten- tion pour ne pas rester coincé sous l’eau en raison de la puis- sance du courant ! Avant de sauter, j’ai procédé à une heure de reconnais- sance dans l’eau où j’ai nagé avec une corde pour ne pas être emporté.” Ce saut de “dingue”, le jeune homme de 22 ans originaire de Thonon-les-Bains l’a réalisé à cinq reprises fin mai. “J’ai réa- lisé deux sauts droits et ensui- te j’ai sauté 3 fois en double saut périlleux avant avec demi-tour. Ce sont des figures que je maî- trise” explique Robin, simple- ment. Le garçon participe à des com- pétitions dans le monde entier sur des plongeoirs de 20 mètres. “Chaque jour, je m’entraîne : j’ai plus de 300 sauts à plus de 20 mètres à mon actif. À cette dis- tance, il faut être préparé car on arrive dans l’eau à 70 km/h… Ce n’est pas donné à tout le mon- de !” prévient le “sauteur”. Une mauvaise réception peut entraîner de graves lésions internes ou une perte de connais- sance, et la noyade si person- ne ne peut vous secourir. “Ce saut est un challenge mental dans un décor magnifique” pour- suit l’athlète qui a découvert cet- te passion en débutant par des sauts dans les calanques de Mar- seille. Il fait cela par passion, pour l’adrénaline, et adore découvrir de nou- veaux sites. Ancien gymnaste, il s’est ensui- te perfectionné pour en faire son métier. “Je fais des compétitions internationales comme une prochaine en Grèce en juillet, et des spectacles” annonce le Haut-Savoyard. Les photos devant la chute d’eau prises par un photographe, là par hasard, ont fait le buzz sur Internet. La Compagnie des bateaux du Saut du Doubs les a partagées sur le réseau social. Elles ont été vues des centaines de fois. Mais encore une fois, un tel geste ne peut être réalisé que par un “pro”. “Si tu ne prends pas au moins 1,5 mètre d’élan, tu retombes dans les cailloux… prévient Robin. On m’a deman- dé des conseils : j’ai expliqué où était la réception optimale, qu’il fallait repérer avant dans l’eau. Y aller sans préparation est une très mauvaise idée.” Les touristes connaissent la chu- te d’eau magnifique, emblème de notre Haut-Doubs. Ils pour- ront désormais regarder l’hom- me volant. Car c’est certain, Robin reviendra. De quoi ravi- ver les souvenirs de l’abbé “volant” dans les années soixan- te, ou, plus près de nous d’Oli- vier Favre qui, en 1985, plongea de 54 mètres dans les bassins du Doubs. n E.Ch. L’homme volant du Saut du Doubs Villers-le-Lac Robin Georges a sauté la barre rocheuse du site touristique, haute de 22 mètres. Originaire de Thonon-les-Bains, le garçon est un profession- nel de la haute voltige qui a mesuré les risques. Un geste à ne pas reproduire ! Les touristes de passage n’ont pas rêvé… Robin est professionnel de haute voltige. Robin Georges en saut périlleux avant au Saut du Doubs. Il a calculé : il faut se décaler d’1,5 m de la paroi pour ne pas atterrir sur les rochers. V A L D E M O R T E A U “Tu retombes à 70 km/h…” Dans une copropriété idéalement située VENTE TEAU MOR 2 gement, ge déga à l’éta Au rdc duplex compre .mwww ya ené P 3, rue R CHARGE VENDEURS HONORAIRES chambres,une salle de bains ainsi qu’ cuisine equipée ouverte su nant entrée, . 195 000 € . 1088 ef eau-immob ort él. 0 T ot - MORTEAU - R 3) g. une place de parkin wc, , fr. ilier 0 46 7 7 3 81 6 r salon-sejour DPE : E (30 La mairie de Villers-le-Lac ne fait aucun commentaire sur ce saut (d’ailleurs réalisé depuis le sol suisse). Elle n’a aucun pouvoir sur ce genre de dossier. “Je souhaite simplement que des personnes ne soient pas en admiration devant ce genre d’exploits et le fassent. Ce ges- te demande beaucoup de connaissance et de l’entraîne- ment” commente Dominique Mollier, maire. Le Saut du Doubs est aussi connu (malheureu- sement) pour être un lieu choi- si par des personnes voulant mettre fin à leurs jours. n “Je ne souhaite pas que des gens soient en admiration” Regarder : page Facebook Robin Georges

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