Journal C'est à Dire 243 - Mai 2018

S’ amuser en faisant du rock celtique. C’est sans doute là que rési- de le secret de la com- plicité qui unit Laurent Jacquez aux Celt Keys depuis 30 ans. Il en va de la vie d’un groupe de musique comme de celle de tou- te communauté humaine avec des hauts, des bas, des départs, des arrivées… L’origine des Celt Keys remonte à 1988 dans le Haut-Doubs, plus précisément du côté de La Planée où a gran- di Laurent Jacquez. C’est un autre habitant de La Planée, en l’occurrence Jean-Michel Bre- tand qui fonde les Soul Keys. “C’est vraiment lui qui portait le groupe. J’ai joué de la gui- tare pendant quelques années jusqu’au jour j’ai remplacé au pied levé le bassiste. C’est un instrument qui me convient bien” , explique celui qui endos- se avec plaisir ce rôle de musi- cien assez discret mais indis- pensable qu’est le bassiste. Portés par un leader assez cha- rismatique et créatif, les Soul Keys se font rapidement un nom localement. Les concerts se mul- tiplient. Le groupe enregistre sa première cassette “Thinking about” au studio Loup Vert à Villers-le-Lac. Il sorti- ra ensuite un C.D. avec 4 titres. En 2002, le groupe connaît un pas- sage à vide suite au départ de Jean-Michel Bretand. “On s’est beau- coup interrogé” , recon- naît le bassiste. Ceux qui res- tent vont néanmoins poursuivre l’aventure. Un nouveau départ marqué par un nouveau nom plus en phase avec l’évolution musicale d’un groupe parti du rock mélancolique pour tendre vers la musique celtique en pas- sant par sa période punk rock. “Ce n’est jamais facile de chan- ger de nom après quinze ans d’existence d’autant plus qu’avec l’expérience, on était arrivé à une certaine harmonie.” Autre “dinosaure” des Celt Keys, Philippe le guitariste rejoint assez vite le bassiste. La sages- se des cordes. Sébastien le bat- teur suit le mouvement. En 2011, le groupe sort un autre C.D. baptisé “Pint of happiness.” Après le Bac décroché au lycée des Augustins, Laurent tente sa chance en prépa avant de s’orienter en fac de maths jus- qu’au C.A.P.E.S. Pendant ses études, il a l’occasion de faire quelques remplacements notam- ment au collège Jeanne-d’Arc à Morteau. C.A.P.E.S. en poche, le jeune prof attaché au Haut-Doubs reprend finalement en 2000 le poste qui s’offrait à lui dans ce même éta- blissement. “On n’est pas sou- mis aux mêmes règles de muta- tion dans le privé” , justifie l’in- téressé. Le retour en grâce des Celt Keys coïncide avec l’arrivée d’Étienne, chan- teur-compositeur et gui- tariste. Les renforts d’An- geline au clavier-chant et d’Anna au violon confor- tent l’identité musicale des Celt Keys. “Anna enseigne le violon au conserva- toire. Par connaissance interpo- sée, on l’a sollicité pour trou- ver un ou une violoniste sans savoir que le poste l’intéressait”, se réjouit l’humble bassiste bien conscient de ses propres limites. Mais l’important, comme il le souligne, “c’est que l’ensemble sonne.” Une harmonie devenue aujourd’hui réalité dans un grou- pe où chacun a trouvé sa pla- ce. Vive l’équilibre. De beaux souvenirs en pers- pective avec la sortie de nou- veaux albums “La Fée verte” en 2014 et “Le fil d’Ariane” deux ans plus tard. Qu’en sera-t-il en 2018, année du trentenaire du groupe ? “Rien de spécial de pré- vu même si on peut évoquer la préparation d’un album à plus ou moins long terme. C’est déjà bon signe” , note Laurent Jac- quez. Les Celt Keys fêteront leur 30 ème anniversaire le samedi 9 juin à l’Espace Pour- ny à Pontarlier. Un concert qui s’annonce riche en surprises. Plutôt habitué des petites salles, les Celt Keys ont aussi connu de grands temps forts sur scè- ne comme ce fut le cas aux Inter- celtiques ou au Festival de la Paille. “C’est toujours surpre- nant de jouer devant 2 000 ou 3 000 personnes.” Le groupe se produit en moyenne une à deux fois par mois en France comme en Suisse. Comme beaucoup, Laurent et ses collègues musi- ciens regrettent le manque de salles de concert dans le sec- teur. “On participera aussi à la prochaine Fête de la musique à Pontarlier” , conclut celui qui, quand il ne gratte pas sa bas- se, s’adonne aussi avec beau- coup d’énergie au karaté. Il est d’ailleurs ceinture noire 3 ème dan. n F.C. Le bassiste fidèle aux Celt Keys depuis 30 ans Très sérieux prof de maths au collège Jeanne-d’Arc à Morteau, Laurent Jacquez se métamorphose en bassiste virevoltant quand il se produit sur scène avec son grou- pe préféré : les Celt Keys dont il est le plus ancien membre. 47 L E P O R T R A I T Morteau P Quand il monte sur scène, le prof de Morteau se transforme en fougueux bassiste. Celt Keys, le concert des 30 ans Samedi 9 juin à 20 h 30 l’Espace Pourny de Pontarlier Billetterie : Francebillet, Géant, F.N.A.C., Hyper U et office de tourisme de Pontarlier Il est aussi ceinture noire 3 ème dan de karaté.

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