Journal C'est à Dire 242 - Avril 2018

Journal C'est à Dire 242 - Avril 2018

L e phénomène n’est pas nouveau mais tend à s’amplifier d’année en année avec la multi- plication d’incivilités de toutes sortes. Probablement le fait d’une minorité qui jette l’op- probre sur toute la communauté des gens du voyage. Le 31 mars, trois caravanes et sept camping- cars s’installent sans prévenir et illégalement sur la zone du Bas-de-la- Chaux près de l’en- treprise Pfahrer. Fidèles à leur habitu- de, ils se connectent sur une borne incendie pour l’eau et ne prennent même pas le temps d’ouvrir le coffret élec- trique qu’ils défoncent pour pro- céder à un branchement sau- vage. “Sitôt averti de leur pré- sence, j’ai contacté la sous-pré- fecture et la gendarmerie. Ils ont été très réactifs. J’ai pu engager la procédure d’expulsion rapi- dement et l’arrêté leur a été noti- fié le mardi par les gendarmes. Ils ont quitté les lieux le jeudi 5 avril au matin” , rappelle Jean- Noël Cuenot, le maire du Bélieu. L’élu ne se réjouit guère de cet- te procédure qu’il juge trop longue et qui a souvent pour effet de repousser le problème chez le voisin. Ce qui le déran- ge davantage encore, c’est le com- portement totalement irrespectueux du grou- pe : casse du coffret élec- trique, blocage d’une des entrées de chez Pfahrer, sans oublier les déjections naturelles un peu par- tout… “Ils auraient pu ouvrir le coffret sans le casser. Ils ont tout laissé sur place. Ils n’ont aucun respect, même si paradoxalement ils se montrent polis et bien éle- vés avec le maire” , admet Jean- Noël Cuenot. Connaissant parfaitement leurs droits, oubliant souvent leurs devoirs, certaines communau- tés intentent même un recours contre l’État, ce qui leur permet de gagner 48 heures avant de déménager. Porter plainte ne sert pas à grand-chose sachant que les fautifs sont rarement pris en flagrant délit. Le ressenti relationnel est plus nuancé au sein de l’entreprise Pfahrer. “L’été, on a des gens du voyage différents avec qui on parvient à cohabiter de façon correcte. Mais là, on est monté d’un ton dans l’incivilité. Ils ont transformé les abords de l’en- treprise en toilettes publiques. Un accès aux semi-remorques était aussi bouché, ce qui a com- pliqué les livraisons. Pour moi, c’est carrément de la provoca- tion. On n’a rien contre les gens du voyage quand ils respectent les lieux mais là, il fallait voir les souillures” , déplore Natha- lie Roy, commerciale chez Pfah- rer. Le directeur Bruno Pigney est tout aussi dégoûté. “C’est inadmissible. On a sollicité le maire qui a engagé la procédu- re mais c’est tellement long. On a beau appeler les gendarmes, on est condamné à subir leurs excès. Jusqu’à présent, l’entre- prise n’était pas clôturée. Avec ce qui s’est passé, on se pose for- cément des questions. Je ressens cela comme une intrusion qui peut se reproduire à tout moment. Personnellement, je ne les ai pas trouvés agréables ni bien élevés. Les enfants courent partout au milieu des camions qui circulent. En tant qu’en- treprise, on a des contraintes énormes et eux semblent intou- chables. On est dans une logique de banalisation des faits.” Du côté de la communauté de communes du Val de Morteau en charge du nettoyage, le ras- le-bol est patent. “C’est vraiment difficile de gérer ces personnes qui ne respectent rien. Ce net- toyage, c’est une histoire de 800 à 1 000 euros” , déplore Jean- Marie Binétruy, le président de la com’com. Avec son bureau installé sur la zone du Bas-de- la-Chaux, Jacqueline Cuenot- Stadler, élue mortuacienne et conseillère départementale par- tage le constat tout en espérant que la révision en cours du sché- ma d’accueil des gens du voya- ge géré par l’État et le Dépar- tement puisse apporter, peut- être, des solutions plus adap- tées par rapport aux besoins. n F.C. V A L D E M O R T E A U Gens du voyage : de nouvelles dégradations au Bas-de-la-Chaux Le Bélieu Les caravanes arrivées fin mars sur la zone d’ac- tivité laisseront un souvenir nauséabond de leur passage comme le déplorent le maire du Bélieu et l’entreprise Pfahrer impactée par les nuisances. Sentiment d’impuissance. “Ils n’ont même pas pris le temps d’ouvrir le coffret électrique”, déplore Jean-Noël Cuenot, le maire du Bélieu (photos J.C.-S.). 4 Les détritus se sont amoncelés. Le petit groupe de gens du voyage est parti en laissant tout sur place même si, il faut le reconnaître, tout était rassemblé au même endroit de façon plutôt propre. “C’est carrément de la provocation.”

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