Journal C'est à Dire 242 - Avril 2018

Journal C'est à Dire 242 - Avril 2018

P L A T E A U D E M A Î C H E 34 L e poids de l’histoire, William Goguey l’a mesuré en ressortant les vieilles photos d’époque compilées dans le livre mémoire réalisé en 1996, date du centenaire. Le chef d’éta- blissement l’avoue : décider la fermeture de l’internat n’a pas été simple. C’était pourtant nécessaire. “On doit tourner la page du passé” insiste-t-il. Plus qu’une page, c’est une ency- clopédie qui se ferme. Les pre- mières lignes se sont écrites en 1896 au Russey avec la créa- tion de “l’école des frères” qui va très vite asseoir sa renom- mée avec les résultats obte- nus au certificat de fin d’études, excellents. Des générations ont usé les bancs de l’école et vécu dans la discipline de “l’insti- tution Parret” du nom de celui (décédé en 1952) qui fut “la tête, le cœur et l’âme de leur école” écrivent les anciens. La discipline, véritable marque de fabrique de l’institution, transpire les murs. Elle se res- sent - encore - au moment de lire le règlement intérieur actuel : le téléphone portable est proscrit pour les 168 élèves d’élémentaire et les 100 collé- giens. La tenue correcte est exi- gée. Un jean trop troué… et ce sont les parents qui sont convoqués. À la rentrée prochaine donc, l’in- ternat situé au 3ème étage du collège au centre du Russey son- nera creux. Les 25 internes qui l’occupent (jusqu’à la fin juin) partiront, s’ils le souhaitent, à l’internat des Fontenelles ou deviendront demi- pensionnaires. “Le choix de fermer l’in- ternat, nous l’avons pris car nous avons actuellement deux sites à gérer (N.D.L.R. : celui de la place Parrenin et l’autre rue des Écoles avec l’éco- le primaire). Gérer deux bâti- ments, c’est lourd et coûteux. Avec la mise aux normes, nous devions débourser 500 000 euros pour les deux bâtiments” pose le chef d’établissement. L’in- ternat sera remplacé par des salles de classe. Paradoxe : des demandes de parents désireux d’inscrire l’an prochain leurs enfants à la semaine arrivent sur le bureau de l’établissement. “On les oriente vers l’internat des Fontenelles. Nous mettrons en place un système de navettes scolaires” précise William Goguey. L’établissement privé catho- lique, sous contrat d’association avec l’Éducation nationale, atti- re. Et pas seulement parce qu’il est resté à la semaine à 4 jours. Les projets éducatifs, la moder- nité des équipements avec le développement du numérique, le fait que les professeurs soient systématiquement remplacés, ont séduit les parents. Preuve de l’évolution : l’établis- sement comptait 86 enfants en élémen- taire. Ils sont 168 aujourd’hui. Il en coûte 200 euros à l’année pour l’élé- mentaire, 50 euros par mois pour le collège. Ce regroupe- ment sur un seul site nécessi- te une adaptation notamment au niveau des horaires de récréation. Les élèves de pri- maire ne doivent pas croiser par exemple les collégiens. L’autre grand projet de l’école privée : la destruction d’un bâtiment, vétuste. L’Immaculée Concep- tion vit avec son temps. n E.Ch. Le Russey “Internat des frères” du Russey : la fin d’un mythe L’établissement privé catholique “Immaculée conception” se sépare de son “Pensionnat” à la fin de l’année. Il sera remplacé par des salles de cours. Une page de l’établissement vieux de 122 ans se tourne. Une mise aux normes trop coûteuse pour deux bâtiments. Photo souvenir des élèves en 1948. William Goguey, chef d’établissement de l’école et collège privés. L’Immaculée Conception au Russey.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTEwNjg=